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2009/mai - La vie de tous les jours à Patmos, au Congo racontée par notre administrateur.

Question : Combien de repas les enfants reçoivent-ils chaque jour ?
Réponse : A cause de l’augmentation du prix des aliments et des produits manufacturés, notre budget ne suffit plus à couvrir nos dépenses. Nous avons dû décider de ne donner que deux repas par jour à nos enfants : le premier à 7h00 du matin et l’autre à 18h30. Entre juin et octobre 2008, à cause de la guerre, nous n’avons pu leur procurer qu’un repas le soir et un bol de porridge le matin, avant qu’ils aillent à l’école. Afin de revenir aux trois repas par jour, comme c’était le cas, entre 2002 et 2007, le budget qui est actuellement de 14.000 $/mois devrait ûtre relevé à 17.170 $/mois.

Q. Les enfants sont-ils traumatisés par la situation actuelle au Congo ? Comment réagissent-ils ?
R. 65 % des enfants que nous avons accueillis ont été traumatisés. On peut dire aujourd’hui que 17 d’entre eux seulement manifestent encore parfois des troubles psychologiques – pleurer sans raison, refuser de manger, manifester de la colère, avoir des problèmes d’énurésie (mûme entre 12 et 17 ans), avoir des hallucinations visuelles et auditives, des insomnies, etc.
Nous avons transféré les tout petits de Goma à Idjwi pour qu’ils n’entendent plus le sifflement des balles, qu’ils ne voient plus les corps morts étendus sur la route et ne soient plus confrontés aux mauvaises nouvelles qu’ils entendent jour après jour.
Les enfants nous demandent des photos de leurs parrains et de leurs marraines. Ils apprécient énormément les lettres que ceux-ci leur adressent et souhaiteraient, bien sûr, qu’ils leur rendent visite. Les traumatismes resurgissent plus particulièrement lorsqu’ils reçoivent une carte pour leur anniversaire ou pour Noël.
Ils ne veulent plus entendre parler de la guerre. Ils sont très sensibles à tout ce qui touche à cette question et à celle de la mort.

Q. Les enfants vont-ils toujours à l’école et avez-vous assez d’enseignants pour chaque classe ?
R. Oui, ils vont en classe au village même. Sur l’île d’Idjwi, c’est le calme, la guerre n’y sévit pas, et les enfants jouissent d’une entière sécurité. Mais la nourriture et les divers produits et matériaux nécessaires à la survie de l’île ne peuvent y être acheminés que par bateau.
Les instituteurs qui sont sur place font un très bon travail. Nous leur devons la somme globale de 2.634 $ pour les mois de juillet à novembre 2008 durant lesquels la situation, rendue difficile à cause de la guerre, a fait exploser les prix de la nourriture et des fournitures scolaires.

Q. Y a-t-il d’autres orphelins dans la région qui ont besoin d’aide ?
R. Oui, et ils sont nombreux. Des centaines d’enfants, certains orphelins, ayant perdu la trace de leurs parents en fuite devant les assaillants, demandent tous les jours à être admis au village. Nous n’acceptons que ceux qui ne sont pas de la région pour qu’ils puissent aller en classe sans avoir rien à payer, car ils sont démunis de tout.
Ceux qui n’arrivent pas à trouver de l’aide essaient de se faire recruter par l’armée, même les très jeunes.

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